CONCEPTS

PRINCIPES*

un système cohérent

La médecine chinoise englobe une théorie fondamentale qui explique comment un être humain fonctionne lorsque tout va bien (anatomie, physiologie, psychologie…) et comment traiter les différentes maladies quand tout va mal en expliquant leurs causes et les mécanismes pathologiques qui en découlent.

Elle possède un système de bilan de santé très développé basé sur quatre phases :

  • Interrogatoire
  • Observation
  • Olfaction & Audition
  • Palpation

Il est à noter que le bilan chinois n’est pas du tout basé sur la technologie de pointe et que son processus de guérison repose sur un triumvirat essentiel composé de la maladie, du corps du patient où elle s’est installée et des  qualités humaines du thérapeute. Sans nier l’intérêt de certains examens modernes, un praticien de médecine chinoise bien formé peut, par exemple, à travers la prise du pouls radial détecter certains déséquilibres bien avant qu’ils soient décelables par les moyens modernes.

un système global dit « holistique »

Cette approche nouvelle de la santé repose sur l’élément clef suivant « La conception du corps est considéré comme un système unifié par un réseau de méridiens (canaux) ».

acupuncteur acupuncture 77 seine et marne anatomie

Le Xiuzhen Tu (修真圖), ou Carte de la culture de la perfection, est une carte taoïste sur l’anatomie humaine

Dans cette optique, les méridiens sont vus comme des canaux distincts, vivants, reliant les organes entre eux et comme des processus spécifiques grâce auquel le corps interagit avec son environnement, pris au sens large (le lieu de vie, les saisons, les émotions, etc.).

Le principe « holistique » de la médecine chinoise repose sur ce rôle d’unification joué par les canaux. Les canaux créent une sorte de tissu qui fédère les organes, l’environnement, la maladie et son traitement, dans un tout unifié. On peut assimiler une conception du corps qui ne prendrait pas en compte le système des canaux à une théorie agricole qui nierait l’importance du cycle naturel de l’eau.Cette notion de méridien sera vu un peu plus loin dans le texte.

un système thérapeutique performant

La médecine chinoise est également constituée d’un système thérapeutique extrêmement développé et performant qui fait la célébrité de cet art médical à travers le monde. Celui-ci s’appuie sur quatre piliers fondamentaux :

Il est à souligner que le terme phytothérapie n’est pas bien adapté car il signifie traitement par les plantes. En effet, la pharmacologie chinoise est essentiellement constituée de végétaux, mais aussi de minéraux et de substances animales.

ENTRE PHILOSOPHIE ET SCIENCE

les théories fondamentales

La médecine chinoise s’appuie sur des théories fondamentales dont les plus connues en occident sont :

  • Le Yīn Yáng
  • La théorie des les cinq éléments (« Wǔ Xíng », il est plus correct de traduire « Xíng » par « mouvements » et non par « éléments »)
  • Le Qì
  • La théorie des organes internes
  • La théorie des canaux (souvent appelés par erreur méridiens)

Le Yīn Yáng, le Qì et la théorie des les cinq mouvements représentent le langage de base de la médecine traditionnelle chinoise. On catégorise les parties du corps, les maladies et les principes de traitement.

le Yīn Yáng : c’est l’analyse

Cette théorie examine de façon analytique la nature générale d’un sujet. Par exemple, quelque chose qui s’ouvre, s’étend, se déplace, pousse ou réchauffe se voit attribuer la caractéristique Yáng (l’énergie, la fonction). A contrario, quelque chose qui referme, resserre, nourrit, réduit ou rafraîchit se voit attribuer la caractéristique Yīn (la matière).

Yin-Yang-QiLe Yīn Yáng prend également en compte la tendance aux changements qu’ont les choses. Que ce soit un objet, un événement, une maladie ou tout autre chose encore, rien n’est immuable et tout se transforme. Le jour devient nuit, une maladie évolue, une idée se transforme.

Le Qì : c’est le mouvement premier

Le Qì est défini comme la plus petite unité fonctionnelle de tout environnement (organes ou créatures vivantes). C’est le mouvement premier, l’étincelle, non seulement de la vie mais aussi du mouvement de l’univers.

Le Qì que nous pouvons traduire maladroitement par énergie, souffle, vitalité, dynamisme, est la force qui naît de la confrontation du Yīn Yáng. Nous pouvons dire que partout où il y a de la vie, partout où il y a des changements, il y a du Qì. C’est le souffle de vie qui anime tout mouvement (manifestation).

la théorie des cinq mouvements : c’est la catégorisation et l’interrelation

Le terme cinq éléments est une très mauvaise traduction de Wǔ Xíng, qu’il est préférable de traduire par cinq mouvements qui rend mieux l’idée originale. Ces mouvements sont cinq types de dynamismes, de natures, de qualités qui servent à étudier les caractéristiques spécifiques de tous mouvements (manifestations) ainsi que leurs interactions.

acupuncteur acupuncture 77 seine et marne 5 cinq mouvements éléments

Les 5 mouvements selon les Chinois

La catégorisation chinoise s’efforce de maintenir à chaque instant une compréhension de la relation de chaque partie avec les autres parties de l’ensemble. C’est une manière de catégoriser les choses et de comprendre leurs interrelations. Cette catégorisation englobe aussi tous les aspects de l’existence (sons, couleurs, planètes, etc.)

Les mouvements : On parle du mouvement Bois, Feu, Terre, Métal, Eau. Au niveau médical chacun est en relation avec des organes, des sens, des tissus, des émotions, des goûts etc.

Leurs interrelations : chaque mouvement se comprend en fonction des quatre autres. Chacun a besoin de l’aide d’un autre et chacun contrôle un autre. Le corps est à l’image d’un écosystème.

La théorie des organes internes

Alors que le Yīn Yáng, les cinq mouvements et le Qì fournissent le langage du discours médical, les organes sont le principal sujet de discussion.

Les organes en médecine chinoise

Les organes selon la médecine chinoise, sont les réceptacles des stimuli et des substances du monde extérieur. C’est également à partir des organes que les substances du corps  sont générées. Les organes communiquent entre eux via un réseau appelé système des méridiens (canaux).

Cette théorie des organes catégorise la physiologie (comprendre comment le corps fonctionne, le rôle de chaque organe et ses mécanismes de fonctionnement) et la pathologie (étude des maladies et notamment leurs causes et leurs mécanismes).

Elle est essentielle pour l’élaboration du traitement.

La théorie des canaux (méridiens)

Cette théorie décrit le réseau qui permet aux théories précédentes (Yīn Yáng, les cinq mouvements, le Qì et les organes) de prendre vie. Elle intègre le tout et relie le corps au monde au sens large.

acupuncteur acupuncture 77 seine et marne canaux méridiens chinois

Statue de voyage avec les canaux pour acupuncteur chinois

C’est un véritable processus vivant. Comme nous l’avons vu plus haut, c’est la théorie des canaux qui fournit une structure au concept de « holisme » en médecine chinoise. Les canaux ne sont pas des voies creuses qui transportent des substances dans les divers organes, mais au contraire des agents actifs qui participent au processus physiologique effectif.

Si on applique le principe holistique de la médecine chinoise (Rappel : Les canaux créent une sorte de tissu qui fédère les organes, l’environnement, la maladie et son traitement, dans un tout unifié) alors on peut même considérer les canaux comme partie intégrante des organes eux-mêmes. Ainsi, l’organe cœur et son canal associé, par exemple, font partie d’un tout fonctionnel.

UNE MÉDECINE EFFICACE

la médecine chinoise est une vraie médecine

Il faut comprendre que la médecine chinoise n’est pas une médecine de confort ni de loisir. Elle n’est en aucun point comparable aux soins de détente effectués dans les centres de bien-être. Cette médecine est utilisée actuellement par au moins un quart de la population mondiale, à travers toute l’Asie certes, mais aussi à travers le monde entier où elle prouve tous les jours qu’elle est une médecine remarquablement efficace, même pour des maladies graves. La population chinoise avec des conditions de vie et des moyens technologiques bien inférieurs aux grands pays industrialisés a la même espérance de vie que ceux-ci.

A titre d’exemple, il a été prouvé scientifiquement que la plante chinoise Qìng Hao (herba Artemisiae Apiaceae), est plus efficace que la Nivaquine dans le traitement du paludisme. Qìng Dai (levis Indigo pulverata) selon des recherches pointues de scientifiques français, anglais et allemands (« le quotidien du médecin – n° 6486 28/04-99), aurait une action très performante dans la leucémie myéloïde chronique (LCM). Ceci ne représente qu’une minuscule goutte d’eau parmi l’immense possibilité de la médecine chinoise à travers sa pharmacopée, sa diététique, son acupuncture ou son massage (TUINA).

médecine occidentale & médecine chinoise : quelles sont leurs différences et quelle est la plus performante ?

Il s’agit d’un débat sensible. Il y a de nombreuses différences et surtout de nombreuses façons d’aborder le sujet. Plaçons-nous dans une optique pragmatique. La médecine occidentale dont le plus beau fleuron est la chirurgie est née sur les champs de batailles européens, et ceci n’est pas une plaisanterie. Elle prend aussi son origine dans l’avènement de la chimie au moment de l’essor du matérialisme. C’est une médecine dont le grand intérêt réside dans la réparation, l’urgence, l’aigu, le symptomatique. La médecine chinoise est plutôt une médecine de terrain, de prévention, de chronicité, d’étiologie (étude des causes et des facteurs d’une maladie). Elle est née de la vision taoïste qui recherche l’harmonie, l’équilibre, le juste milieu, qui vise à renforcer ce qui est précieux plutôt que d’aller contre ce qui va mal. Pour résumer, et sans jugement de valeur, la médecine moderne est une médecine « anti », la médecine chinoise est une médecine « pro ».

Dans la page d’accueil, je parlais d’une fracture de poignet et de l’efficacité sans concurrence de la chirurgie. On peut aussi prendre pour exemple un arrêt cardiaque ; c’est la médecine occidentale qui vous sauvera la vie, mais c’est la médecine chinoise qui aurait pu vous éviter d’avoir cette crise cardiaque ou d’en avoir une autre. La médecine occidentale est meilleure pour les maladies organiques, palpables, mesurables, la médecine chinoise est meilleure pour les maladies fonctionnelles qui n’ont pas d’explication selon la science moderne (car ses moyens sont limités à l’observation physique). Un autre exemple, si vous êtes diabétique insulinodépendant, la médecine moderne, donne de l’insuline, ce qui empêche le coma diabétique et la mort. Ceci est remarquable. La médecine chinoise ne peut pas faire cela, mais peut permettre de prendre moins d’insuline et donc de combattre à long terme les multiples effets secondaires de cette substance et donc de prolonger la vie du malade et lui donner un meilleur confort de vie. Ceci est aussi remarquable.

WM-MTC

Nous rêvons du moment où l’intérêt des malades passera avant l’intérêt économique que représente ces derniers. Dès ce moment là nous pourrons faire cohabiter des médecines dont les forces sont complémentaires pour le plus grand bénéfice des gens qui souffrent.

La médecine occidentale et la médecine chinoise sont 100 % compatibles, les associer permettrait de faire de grands progrès sur le plan médical et humain.

* L'ensemble des sources viennent pour la plupart du livre de Wang Ju-Yi « La théorie des méridiens et ses applications en médecine chinoise » et du site de Philippe SIONNEAU.

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